LE MOT DU PARRAIN

 

« Parrainer le Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec, c’est lui donner ma caution, comme cinéaste et comme citoyen. Le monde arabe, cette entité plurielle, diversifiée, a besoin de nous montrer ses images, loin des préjugés et des visions médiatiques stéréotypées. Les réalisateurs ont la lucidité et le recul nécessaires pour nous offrir une vision plus « objective » de ce monde en plein changement.

Notre quotidien se noie sous les informations de ce qui nous divise ; aller au Festival du film franco-arabe, c’est une belle manière de voir ce qui nous unit. »

Costa-Gavras / PARRAIN DU FESTIVAL

COSTA-GAVRAS


Quarante sept ans après la sortie de son mythique thriller Z, Costa-Gavras continue à s’engager et à dénoncer le cynisme de ceux qui se veulent les maîtres du monde.

Le goût de Costa-Gavras pour les faits politiques et historiques apparaît dès son deuxième film, Un homme de trop, consacré à la Résistance — une période qu’il explorera de nouveau dans Section spéciale en 1975 — mais c’est avec son troisième film, Z (1969), réquisitoire contre la dictature des colonels en Grèce, qui lui a valu l’Oscar du meilleur film étranger et le prix du jury à Cannes, qu’il se forge une réputation de grand cinéaste engagé.

Parmi cette série de films politiques, citons encore L’Aveu (1971), qui revient sur les procès staliniens, offrant à Montand, traqué et torturé, un de ses rôles les plus marquants, État de siège (Prix Louis Delluc 1972), qui évoque les agissements de la CIA en Amérique latine, Missing avec Jack Lemmon, sur la disparition d’un journaliste américain après le coup d’État d’Augusto Pinochet au Chili, qui a reçu la Palme d’Or à Cannes en 1982, ou encore Hanna K sur le conflit du Proche-Orient, et le très controversé Amen, César du Meilleur scénario en 2003, dans lequel il dénonce le silence du Vatican sur l’extermination des juifs. Ces dernières années, le réalisateur franco-grec a abordé d’autres sujets et réalise des films plus sociaux, comme Le Couperet (2005) et Le Capital (2012), critiques de la société capitaliste. Mais pour lui « tout est lié. On ne peut pas dissocier le social, l’économique, du politique. Je pense que tout est politique » analyse-t-il.

Engagé, Costa-Gavras l’est aussi en faveur du cinéma : aujourd’hui Président de la Cinémathèque pour la seconde fois, il se bat pour la sauvegarde du cinéma, pour montrer les films et pour défendre les cinéastes privés de liberté.